Article paru dans le journal La Croix du 15 novembre 2007.
“Erwan Lecœur estime que « les groupuscules que le FN a écrasés vont reprendre du poids ». Jean-Yves Camus note, de son côté, qu’un « front commun des opposants à la ligne Marine Le Pen essaie de se structurer » autour de Carl Lang (FN), Bruno Mégret (MNR), Fabrice Robert (Les Identitaires) et Robert Spieler (Alsace d’abord), dont le parti régionaliste a fait élire en 2004 un conseiller régional dans le Haut-Rhin, Christian Chaton.”
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Le FN tient son congrès les 17 et 18 novembre à Bordeaux. Jean-Marie Le Pen devrait, pour la première fois, être réélu par l’ensemble des adhérents
«Ce n’est pas le dernier congrès de Jean- Marie Le Pen en tant que président, précise le secrétaire général du FN, Louis Aliot. C’est l’avant-dernier. Le dernier sera celui où il passera la main et où il aura bien entendu son mot à dire. » En attendant, s’il veut sortir par la tête haute, Jean-Marie Le Pen devra redresser un parti qui paraît sur le déclin.
Jusqu’à l’élection présidentielle de 2002, le candidat d’extrême droite n’avait cessé d’améliorer son score : 14,38 % des suffrages exprimés en 1988, 15,00 % en 1995, 16,86 %, avant son apogée : sa qualification pour le second tour en 2002, au nez et à la barbe Lionel Jospin.
En mai dernier, Jean-Marie Le Pen n’a pourtant que tout juste dépassé les 10 %. Selon le sondage sortie des urnes CSA (1), 30 % des électeurs lepénistes de 2002 ont voté en 2007 en faveur de Nicolas Sarkozy. Ce qui fait dire à Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite (2), que « la marginalisation du FN est arithmétiquement acquise » depuis la dernière élection présidentielle.
La vraie question
« La vraie question est de savoir si le FN sera au cours du quinquennat en capacité de capter les électeurs frontistes passés au sarkozysme, qui seront inéluctablement déçus », poursuit le politologue. Lequel insiste sur l’incertitude concernant l’état de santé du FN lorsque ces mécontentements s’exprimeront. Jean-Marie Le Pen en sera-t-il toujours le chef ? Marine Le Pen lui aura-t-elle succédé ? Le FN sera-t il en train de s’entre-déchirer ? On n’en est pas aux certitudes.
Pour l’heure, l’analyse de son déclin électoral montre qu’il a été amplifié par la réforme (en 2003) du mode de scrutin aux élections régionales. Jusque-là, le FN avait obtenu à chaque fois des élus dans 21 des 22 régions métropolitaines, augmentant progressivement son nombre de conseillers régionaux. Mais, en 2004, le parti frontiste n’a fait élire que 156 conseillers régionaux, contre 275 en 1998, dans 17 régions.
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