30.03.2009
Gouverner c'est prévoir.
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16.10.2008
Patrick Buisson, l'homme qui a fait gagner Sarkozy
Éric Branca et Arnaud Folch publient Histoire secrète de la droite, 1958-2008. On y lit notamment :
"Jeudi 20 septembre 2007, 18 heures, palais de l’Élysée. [...] C’est un privilège rare, accordé à l’homme qui, entouré de ses proches, s’apprête à être élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur : Patrick Buisson, 58 ans, historien de formation et journaliste politique à LCI [ancien rédacteur de Minute, NDMJ]– nommé, voilà quelques jours, directeur de la chaîne Histoire.[…]
Nicolas Sarkozy fait face à l’assistance. Il paraît presque plus ému que celui qu’il va décorer :
– Patrick, commence-t-il, j’ai désiré le décorer seul, car sans lui je ne serais pas là aujourd’hui…
Le chef de l’État raconte ce jour de 2005 où le journaliste l’a “bluffé”. Buisson, rencontré quelques années plus tôt, vient le voir place Beauvau, au ministère de l’Intérieur. La campagne pour le référendum sur la Constitution européenne n’a pas encore débuté. Alors que tous les sondages prédisent une large victoire du oui, son interlocuteur lui annonce calmement celle du non, « autour de 53%»
– Ce sera, lui dit-il, un vote de rejet du peuple contre les élites.
– Je ne voulais pas le croire, raconte Sarkozy. En le quittant je lui ai dit : «Vous vous trompez, mais si vous avez raison, on se reverra souvent ».
Moins d’une semaine après le vote négatif du 29 mai 2005, le futur président le rappelle : « Ça vous dirait de travailler pour moi ? » Buisson, dès lors, : c’est lui qui a, sinon inventé, en tout cas formalisé la stratégie gagnante dont le candidat avait l’intuition : attirer, dès le premier tour, les électeurs du Front national. […] Sarkozy suivra fidèlement la théorie. :«Pour nous,l’élection de 2007 se jouera sur les électeurs de Le Pen. On les prend, on gagne. On les prend pas, on perd », confie-t-il, avant même la campagne, à Dominique de Villepin. […]
Le jeudi 8 mars […] face à la remontée de Ségolène Royal dans les intentions de vote du second tour, une prompte décision s’impose. Pourquoi ce “coup de mou”que rien ne laissait présager ? L’analyse lui est fournie,une fois de plus, par Patrick Buisson, lors d’une réunion convoquée d’urgence place Beauvau.
– Nicolas est en train de se notabiliser, attaque Buisson. J’y vois la conséquence du choix de Simone Veil pour présider le comité de soutien.[…]
Puis, s’adressant à Sarkozy comme si les autres n’étaient pas là :
– Tu as percé parce que tu incarnes une transgression par rapport aux tabous de la politique traditionnelle. Il faut, sans tarder,envoyer un signal fort à toutes les couches nouvelles qui ont déjà basculé dans ton camp ou qui sont prêtes à le faire. Or, le tabou des tabous, c’est l’immigration. La transgression majeure, elle est là. Pas ailleurs. Il faut en remettre un coup sur le thème de l’identité nationale. Le silence, alors, est à couper au couteau. Seul Guaino intervient pour soutenir Buisson. Puis, après un nouveau silence, Sarkozy lui-même :
– Patrick a raison. Je vais proposer la création d’un ministère de l’Identité nationale. Quant à Simone, je la gère. Elle doit comprendre. Elle comprendra."
SOURCE : http://lesalonbeige.blogs.com
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