
Plusieurs semaines se sont écoulées depuis l’odieux assassinat d’Anne-Lorraine Schmitt. Les festivités de fin d’année, l’apaisement médiatique et l’oubli spectaculaire dont sont seules capables les masses déracinées du monde moderne, auxquelles les milieux considérés comme les plus « réacs » ne font malheureusement plus exception, ont conduit l’évènement loin des devants de la scène où l’horreur des faits l’avait propulsé.
Pourtant, si la passion, qui fut exaltée pendant de longs jours durant lesquels des intérêts bien précis s’ingénièrent à tirer profit d’un évènement dramatique, ne peut être que nocive d’un point de vue purement intellectuel, l’oubli est l’autre écueil, indissociable et même corollaire du premier, sur lequel l’on ne doit pas échouer.
Soyons francs : certaines personnalités, notamment le président de la République lui-même, ont feint de tirer les conclusions qui s’imposaient face à une telle tragédie, il parait peu envisageable qu’une société qui bat au rythme des pulsions passionnelles médiatisées, puisse remettre en question de façon suffisamment appropriée les tares qui conduisent à des faits aussi sinistres. La rapidité avec laquelle cette « affaire » a pu s’engouffrer puis sortir de tous les esprits démontre à quel point la vie politique et médiatique n’existe qu’au travers des vibrations de la passion des masses. Cela signifie qu’une tragédie qui nous a horrifiés suffisamment pour nous faire trembler avec passion pendant quelques jours retournera aussitôt dans le néant dès lors qu’il s’agira de réagir avec réflexion et lucidité pour chercher à prévenir sa réitération.
Nous parlions de conclusions. Ces dernières appellent dans un premier temps des questions plutôt que des réponses péremptoires. L’on peut avoir beau jeu de hurler au retour de la peine de mort ou au renforcement des politiques ultra sécuritaires comme le font nos « amis » de la droite sarkoziste. Mais ces solutions là ne sont-elles pas que des tentatives de colmater bien maladroitement –au mieux- voire dangereusement –au pire- des brèches qui avec le temps, semblent devenir de plus en plus irréparables ?
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SOURCE : http://fr.novopress.info

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