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30.11.2007

Paillettes et confettis

Nicolas Sarkozy est une bête médiatique. On l’a encore constaté hier soir. Il utilise les mots comme des paillettes, et les jette à foison, suscitant l’admiration du spectateur médusé. C’est d’autant plus spectaculaire lorsque sous les paillettes de l’illusion il n’y a, concrètement, que quelques ternes confettis.

Il était venu nous annoncer de grandes choses sur le pouvoir d’achat, dont il avait dit et répété que c’est le problème numéro un en France.

Et il a en effet promis, non pas seulement de grandes choses, mais une « véritable révolution » : s’il y a un accord majoritaire des salariés, les entreprises pourront s’exonérer des 35 heures. Réformer une mauvaise loi, permettre de revenir éventuellement à une situation antérieure, ce n’est pas une révolution.

Sarkozy veut aussi qu’on puisse « monétiser les RTT » (autrement dit les transformer en argent), il veut « débloquer les fonds de participation » (comme il l’avait déjà fait quand il était ministre de l’Economie) et « défiscaliser de cotisations sociales » (?) les primes dans les petites entreprises où il n’y a pas de participation. Et il veut autoriser le travail le dimanche (ce qui est déjà en train).

Michel Lamy, responsable de la CGC et membre du conseil supérieur de la participation, dénonce « une technique de pickpocket » : « On laisse entendre aux Français qu’on va leur donner du pouvoir d’achat en plus, mais en fait on pique dans leur épargne, on les autorise à piquer dans leur épargne pour se donner ce pouvoir de consommation ».

Quant au travail du dimanche, c’est un recul de civilisation, et la prétendue « liberté » apportée aux salariés est un leurre. Il n’y a pas de « volontariat » : c’est l’entreprise qui décide.

En réalité, il n’y avait rien de fondamentalement nouveau dans le discours de Nicolas Sarkozy, et rien qui ressemble à une politique de relance du pouvoir d’achat.

Et comme c’était un peu court, le président de la République a ajouté d’autres annonces « révolutionnaires ». Le clou du spectacle étant que l’Etat va vendre 3% du capital d’EDF pour que la France « ait les plus beaux campus universitaires du monde »...

Bien entendu, Nicolas Sarkozy s’est vanté d’avoir réglé la question des régimes spéciaux de retraite, d’avoir « en deux jours dénoué la crise de la pêche », d’avoir fait reculer le chômage... alors que tout cela n’est qu’apparence et faux semblant.

« Aussi génial que soit le bateleur, il reste dans l’illusion, constate Jean-Marie Le Pen dans son communiqué. Et les Français commencent à comprendre qu’on ne gouverne pas un pays par des tours de magie. » En témoigne le fait que pour la première fois sa cote de confiance est tombée en dessous de 50% dans le baromètre TNS-Sofres pour le Figaro Magazine, en chute de 15 points sur les trois derniers mois.

SOURCE : http://yvesdaoudal.hautetfort.com

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